Félix Siama : “se dépasser chaque jour”

À 23 ans, Félix Siama, étudiant-entrepreneur s’impose une discipline qui lui permet de lancer sur Internet un livre et une marque de vêtements. Dans son viseur : réussir. © Sylvain Lefeuvre

Culture

Publiée le 19 décembre 2019 - Mise à jour le 19 décembre 2019

À 23 ans, Félix Siama, étudiant-entrepreneur s’impose une discipline qui lui permet de lancer sur Internet un livre et une marque de vêtements. Dans son viseur : réussir.

C’est sur un terrain de basket que, à l’âge de 14 ans, Félix Siama, collégien à Monod, s’imprègne de l’éclat et de l’odeur de la réussite. “On sortait d’un match tout suant et un organisateur d’événements sportifs à très haut niveau est venu nous voir. Il était très impressionnant et sentait le musc. Un parfum que je me suis acheté plus tard.”

Le Vitriot confie aujourd’hui, à 23 ans : “là, je n’ai pas encore accompli tout à fait mon rêve, mais je me considère un peu comme un repère quand des copains de mon ancienne cité Lucien-Français me demandent des conseils…”

Depuis deux ans, ce “fonceur, à la limite de l’indifférence quand il est dans sa bulle”, fait cheminer ses idées. À force de réflexions nourries, il en a concrétisé deux sur Internet, en août et octobre dernier. Félix a publié un livre, avec le coup de pouce du service municipal de la Jeunesse, Dream Big (rêve en grand), un manuel personnalisé sur le développement personnel pour inspirer les jeunes. Il a aussi réalisé une ligne de vêtements, t-shirts et sweaters, vendus depuis peu en ligne sous la marque Never Give Up (ne lâche jamais).

Né à Vitry, Félix, que ses parents, modestes, ont confié à sa grand-mère à ses 2 ans pour retourner au Congo-Brazzaville où la famille s’est agrandie, est peu disert sur son enfance. Il aime les Noël entouré de ses oncles, cousins, cousines de la région parisienne et, ado, se passionne pour le basket. Il y joue à Ivry, Vitry et plus tard au Métropolitan de Levallois. Un jour, il se voit détecté et intégré en sport étude au Mans, d’abord comme minime à la Jalt, marchepied vers une carrière semi-pro. Mais des blessures aux croisés l’obligent, au bout de trois ans, à renoncer à tout cet univers exigeant. “Ça a été un gros choc. De retour à Vitry, certains amis n’étaient plus là, j’ai un peu flotté, mais je me suis relevé en un mois.”

Pour l’heure, accomplir ses rêves en gagnant de l’argent occupe son esprit. “J’en veux pas des millions, note-t-il, mais je pense que ça règle la plus grande partie des besoins et des problèmes comme trouver la liberté, voyager un jour.” Le quotidien de cet autoentrepreneur, à l’aise en jogging comme en pardessus stylé, est un programme très réglé. Au lever : lire, écouter deux-trois podcast, faire trente minutes de pompes puis études. Il s’attèle à un master Finances contrôle audit, après des débuts en physique-chimie, pharmacie et un diplôme en langues. À ce menu quotidien s’ajoute le travail pendant ses transports, sur son mobile, comme contributeur d’événements via les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs sur son mobile qu’il a jeté ses idées pour son livre. Enfin, il suit de temps à autres des séminaires payants sur le développement personnel donnés par des mentors.

Pour ses recherches et ses études, il aime rester à Vitry et vient presque tous les jours à la bibliothèque du Mac Val. “C’est calme, je peux travailler et réfléchir à mes idées. Si on travaille sans relâche, qu’on surmonte les obstacles et les échecs, on peut accomplir ce que l’on veut”, explique Félix. La bibliothèque Nelson-Mandela où il emprunte des bouquins a aussi ses faveurs. “Je peux m’y instruire gratuitement, avoue le grand gaillard en un large sourire, avant je ne lisais pas.”

Persévérant et fier, il pointe ses réussites collectionnées : la compétition sportive, les études financées, le livre, la marque, l’aide à sa grand-mère et l’auto-entrepreneuriat, et “se dépasser chaque jour”… Sera-t-il mûr pour passer un jour à l’action avec les autres ? “J’aimerais agir pour l’éducation au Congo, contre le travail horrible des enfants, la guerre, la famine, mais il faut que, moi-même, avant, je sois solide.”

Portrait réalisé par Gwénaël le Morzellec

 

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plus d'infos

- 13 décembre 1995
Naissance à Vitry.
- 2006
Félix Siama découvre le basket en 6e.
- Été 2007
Rencontre avec Hammadoun Sidibé, organisateur de grands événements de basket sponsorisés, “en lui, je peux me voir”.
- Novembre 2014
Arrêt du basket de compétition et retour à Vitry.
- Janvier 2015
Félix Siama se met à la musculation “pour rester un battant”.
- 2019
Sortie sur Internet du livre Dream Big et de la marque de vêtements en ligne NGU.

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